Et c’est le début du tournage!

1 année déjà  •  PAR  •  2 Commentaires

Voilà, c’est enfin commencé.

Après quelques années de réflexion; d’écriture; de discussions; d’achats d’équipement; et encore plus d’achats d’équipement; de tests d’équipement;  sans oublier bien sûr les négociations; nous voilà enfin sur le terrain pour tourner notre film sur le Saint-Laurent qui sera diffusé à Canal D.

(Enfin cela est vrai dans mon cas car Geneviève, elle, arrive sur la Côte-Nord dans quelques jours seulement).

L’été dernier, Geneviève et moi avons réalisé beaucoup de repérage d’un bout à l’autre du Saint-Laurent.  Cela nous a permis de décider en toute connaissance de cause ce que nous voulions montrer, ou pas, à l’écran.  Cet été, le plan de tournage est relativement clair dans nos esprits.  Et il sera bien chargé! Capter tous ces animaux qui constituent la beauté du Saint-Laurent monopolisera l’essentiel de nos énergies estivales!

Cet été, la première étape de tournage a eu lieu en pleine nuit, afin de filmer la fraie du capelan. Le capelan fraie dans le Saint-Laurent de la fin mai au début juillet environ.  Il le fait en se regroupant par dizaines de milliers près des plages sablonneuses de la Côte-Nord et de la Gaspésie où les oeufs qui donneront naissance à la prochaine génération de capelans sont pondus.  Une femelle capelan à elle seule peut pondre jusqu’à 50 000 oeufs.  Et il le faut bien car le capelan occupe l’un des premiers échelons de la chaîne alimentaire. C’est donc dire que toute une pléthore d’animaux, dont les fameuses baleines, se nourrissent à ses dépens. Ça prend donc beaucoup de capelans pour nourrir tout ce beau monde!

Geneviève est venue avec moi une première fois en mai, pour quelques jours seulement, pour filmer à mes côtés le capelan en fraie.  Et une chance qu’elle était là car l’opération n’a pas été de tout repos.  Il nous a tout d’abord fallu dénicher le vrai bon endroit pour assister au phénomène. La première fois, nous étions tout simplement quelques kilomètres trop à l’est.  Nous nous sommes déplacés vers l’ouest dans les jours suivants, et bingo, nous sommes tombés sur des vagues remplies de poissons en fraie en plein milieu de la nuit.

Le but était de filmer les capelans sous l’eau alors qu’ils se livrent à leurs activités, hum, disons, sexuelles…Cela signifie que je devais traîner la caméra et les éclairages en pleine nuit noire sur des plages qui l’étaient tout autant.  Il faut savoir que la caméra dans l’eau, ça se traîne bien, mais à la surface, c’est lourd sans bon sang. Revêtu de ma combinaison étanche (dry suit), j’ai forcé comme un forçat pour arpenter ces plages à la recherche du capelan! Mais il fallait ce qu’il fallait.  Et nous sommes parvenus à nos fins.  Le capelan a été filmé sous l’eau, alors qu’il « roulait » dans les vagues de la Pointe-aux-Anglais.

Pour ce faire, j’avais utilisé le dôme sur le caisson de la caméra sous-marine et une lentille grand-angle (16-35mm).  Le résultat me plaît.  Grandement. On voit, dans la partie supérieure de l’écran, et grâce au dôme, le ciel noir de la Côte-Nord éclairé par la lune, et dans la partie inférieure de l’écran, et toujours grâce au dôme, des milliers de capelans qui nagent dans tous les sens.  C’est beau!

Mais je trouvais quand même qu’il manquait quelque chose.  Quelque chose de plus!  De plus spectaculaire.  C’est alors que j’ai entendu dire, cette semaine, que les capelans s’étaient mis à « rouler » aux aurores.  Étonnant puisque le capelan est censé se reproduire qu’en pleine nuit.

J’ai jasé avec le militant environnementaliste bien connu qu’est Jacques Gélineau.  Il m’a dit que le capelan choisissait, en quelque sorte, le moment de la journée où il est le moins dérangé pour se livrer à ses activités reproductives.  Il semblerait qu’il y a 25-30 ans, le capelan se reproduisait souvent le jour.  Avec l’envahissement des plages sablonneuses par l’humain, il se serait mis à le faire uniquement en pleine nuit.  Maintenant, la nuit, il y a beaucoup de lampes-torches et de satanés quatre-roues (il est interdit de circuler avec ces véhicules sur les plages, mais bon, semblerait que ce règlement ne soit pas vraiment appliqué sur la Côte-Nord!).  Le capelan aurait donc décidé que le meilleur moment de la journée pour avoir la paix, c’est à 4h du matin.

C’est pourquoi j’étais sur la plage de la rivière Brochu, près de Sept-Îles, à 4h du matin il y a quelques jours de cela.  Je voulais filmer les capelans en train de se reproduire dans la belle lumière du matin.  Et j’y suis parvenu!

Le matin, cela a donné naissance à un spectacle tout à fait différent de celui que j’avais filmé la nuit, au mois de mai.  Il y a quelques jours, j’ai vu les capelans se regrouper près de la plage dans une bande de seulement quelques mètres de largeur, mais ce, sur des dizaines et des dizaines de mètres de distance.  C’est dire qu’ils sont nombreux dans le Saint-Laurent.  Mais pas tant que ça quand même.  Enfin moins que je ne le croyais en les regardant aller en mai, en pleine nuit, alors qu’il me semblait qu’ils formaient des rangs innombrables s’étendant jusque très loin au large du Saint-Laurent.

Il y a quelques jours, j’ai vu ces poissons tout donner pour avoir la chance de se reproduire, risquant à tout moment de se retrouver coincés sur la plage, là où ils meurent d’asphyxie en grand nombre.  Les petites carcasses de capelans séchant ainsi au soleil font alors la joie des goélands, des crustacés et de toute une série d’animaux qui peuvent ainsi se remplir la panse sans fournir trop d’efforts.

Pour capter cette activité reproductive qui m’impressionne, et ce, dans la lumière du jour, j’ai pu utiliser la macro…et le drone!  Le résultat est stupéfiant!  J’ai hâte de vous montrer tout ça!

D’ici là, quelques photos prises sur le vif, entre mes séances de tournage, en solitaire.

 

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Commentaires 2

  1. Philippe Beaudry
    Jamais vu cela en 42 ans de plongée car je plongeait sur une et des epaves
  2. Anonyme
    J'ai bien hâte de voir les résultats ,même si je suis encore sur la cote nord j'ai jamais vu rouler le caplan

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