Tournage 2016: c’est fini!

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C’est avec un peu, beaucoup même, de nostalgie que j’écris cet article de blogue.  Une nostalgie liée au fait que la saison que je passe sous les flots du Saint-Laurent est maintenant terminée.  Le retour à Montréal se fera dans les prochains jours.  Mon autre vie débutera.

Comme vous vous en êtes rendus compte, nous avons été très peu présents sur le blogue au cours de l’été.  Parce que nous étions très occupés à filmer le Saint-Laurent.  Afin de recueillir le plus de belles images possible pour le documentaire que nous préparons, Geneviève et moi, pour Canal D.

Parmi les événements marquants de l’été, je ne peux passer sous silence la fraie du capelan.  Au printemps dernier, nous nous sommes dirigés vers la Pointe-aux-Anglais, près de Baie-Trinité, afin de filmer le comportement reproductif de ce petit poisson fourrage du Saint-Laurent.  Nous avons passé bien des heures à attendre que ce que nous espérions se produise.  Dans le froid.  Sous la pluie.  Lorsque les capelans sont enfin arrivés, la magie a opéré.  Et de magnifique façon! Il y avait des poissons partout qui tournaient autour de ma caméra.  De nuit, comme de très bon matin (genre 4-5 heures du mat! ) !  J’ai même pu les filmer au drone.  Vu des airs, le nombre impressionnant de capelans présents donnait presque l’impression d’une marée noire!

Ils nourriront d’autres espèces qui arpentent les plages en quête d’un repas facile.

Il est important que la population de capelans se porte bien.  Dans le Saint-Laurent, bien des espèces consomment ce poisson.  En juin et juillet, j’ai vu des oursins et des puces de mer en consommer.  Et bien sûr, les baleines, comme les rorquals à bosse par exemple, s’en régalent! Pour remplir de tels estomacs, le peuple des capelans doit être nombreux.  Et cet été, il l’était!  Une bonne nouvelle!

Autre comportement étonnant que j’ai observé cet été:  la chasse des anémones rouges du Nord. D’accord, d’accord, utiliser le qualificatif de chasse quand on parle d’un animal qui vit fixé au fond du Saint-Laurent est peut-être exagéré un tantinet.  N’en demeure pas moins que les tentacules bien tendus de cette anémone se révèlent être un piège redoutable pour tous ceux qui passent par là.  Le long du tombant de Pointe-à-la-Croix, près de Franquelin, j’ai vu un banc de lançons tomber dans les griffes des anémones.  Les lançons étaient collés dans ces tentacules qui les empoisonnaient sans ménagement aucun.  Plusieurs poissons, têtes premières dans les anémones, mourraient rapidement.  Alors que d’autres, attrapés par la queue, remuaient avec l’énergie du désespoir.  Ils devaient faire vite s’ils espéraient se sauver, car les anémones contractaient rapidement leurs tentacules vers leur estomac, pour les y digérer.  C’était franchement impressionnant!

Le Saint-Laurent m’a fait voir beaucoup de ces loups atlantique que j’aime tant au cours des derniers mois.  J’ai même pu filmer quelques mâles qui protégeaient ces oeufs qui donneront naissance à la prochaine génération de loups.  C’est de bonne augure pour cette espèce qui, comme bien d’autres, traversent des moments difficiles.  Mais quand on les laisse un peu tranquille, les animaux savent redresser leurs populations.  Comme ces morues qui sont de plus en plus présentes dans les eaux du Saint-Laurent que je fréquente assidûment.

J’ai bien sûr fait beaucoup de macro au cours de l’été.  J’aime beaucoup cette méthode de travail.  Pour les résultats qu’elle procure.  Elle me permet de voir les animaux comme on ne pourrait les voir autrement  Les loupes de ma caméra me permettent de filmer des détails aussi précis que les pores de peau des poissons ou les copépodes qui fourmillent sur le lit du Saint-Laurent et qu’on ne peut quasiment pas voir à l’oeil nu.

Parmi les images recueillies grâce à la macro et qui me plaisent particulièrement, il y a ces moules qui étaient en séance d’alimentation.  J’ai pu voir l’intérieur de ces bivalves et les parties de leur corps mou dont ils se servent afin de prélever les éléments nourriciers qui dérivent dans les eaux vertes du Saint-Laurent.  Tout aussi impressionnant était de filmer de minuscules nudibranches en si gros plan que je voyais leur coeur battre à travers leur peau!

 

Si le minuscule m’impressionne, le gigantesque ne me laisse aucunement de glace pour autant.  Cet été, nous avons vu beaucoup de petits rorquals.  Nous avons pu en filmer plusieurs, dont certains au drone.  Les images ainsi produites sont saisissantes.  Les images des bélugas filmées à l’aide de cet outil aussi.  Voir des veaux coller leurs mères alors qu’ils nageaint dans les eaux noires de la baie Ste-Marguerite était émouvant.  Et que dire de ces deux rorquals à bosse qui « breachaient » (sautaient) juste devant le zodiac? Rien à part qu’on se sent très petits en pareille circonstances!

À Percé, nous sommes retournés nager avec les phoques.  Et cette année, nous n’avons pas été déçus.  La température était au beau fixe contrairement à l’an dernier.  La visibilité dans l’eau, très belle aussi.  Et les phoques gris ont très bien coopéré.  Nous en avons filmés des dizaines sous l’eau, dont certains de très proches.  L’un d’entre eux se permettant même de mordiller le dôme de ma caméra!  Ouin, ça, c’était un peu trop…

Mais si la vie dans le St-Laurent est magnifique, la mort y est parfois déprimante.  Nous avons cet été observé la carcasse d’un petit rorqual dérivant à la surface.  L’animal s’était tué en s’étranglant avec une corde de cages à buccins.  Les goélands s’en sont donné à coeur joie, certes.  Mais cet épisode nous a prouvé une fois de plus que nos comportements peuvent être dévastateurs pour la nature.

Et il y a toutes ces rencontres que nous avons faites d’un bout à l’autre de l’Est-du-Québec avec ces passionnés du fleuve, pour parler de l’état du grand Saint-Laurent; avec les jeunes scientifiques de la station de recherche sur les mammifères marins de Longue-Pointe, avec Robert Michaud à Tadoussac;  et les autres;  grâce à eux tous, nous avons beaucoup appris!

***

Au cours des prochains mois, nous entamerons la sélection des images.  Nous les monterons ensuite de façon à créer le plus beau récit possible.  Un récit qui nous permettra de raconter le Saint-Laurent à notre façon; nous qui l’aimons profondément!

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